J’écris aujourd’hui parce que je suis déçue, triste mais aussi en colère…

Probablement parce que je n’ai pas pris assez de recul encore sur ce qui s’est passé ces dernières semaines, ces derniers jours.

Je suis tout ce camaïeu d’émotions complémentaires et contradictoires à la fois et j’ai besoin d’un peu de temps encore pour y voir clair.

 

Mais pour que vous compreniez un peu mieux, il faut que je vous explique un peu, alors voilà :

 

Il y a 15 jours maintenant, l’amoureux et moi passons le portail de la prestigieuse “Team FIV”.

Début des injections (par une infirmière cette fois parce que je n’ose plus piquer et que l’homme ne se sent pas capable de le faire) : de 75 unités à injecter lors des protocoles d’insémination, on passe à 225 unités… Quand l’infirmière s’en va, le premier soir, elle nous fait sourire en souhaitant “bonne chance” au pauvre mâle qui partage ma vie.

5 jours plus tard, retour en consultation pour une écho de contrôle pas super, super brillante : un seul follicule à 15 et d’autres, trop petits pour qu’on en tire quoi que ce soit.

Qu’à cela ne tienne… On continue les injections!

Lors du contrôle suivant, les follicules se sont décidés à bosser un peu (ils sont 16!) du coup, le déclenchement de l’ovulation est décidé et la ponction programmée.

La ponction se passe bien (10 ovocytes récoltés) et je suis consciente du début à la fin vu que j’ai (encore) droit à une rachis… Bref, l’après-midi, nous quittons l’hôpital et rentrons à la maison.

Prochaine étape : appel au labo 3 jours plus tard pour connaître le verdict et savoir si, oui ou non, notre “mélange” a été fructueux.

 

Vous vous en doutez, c’est là que tout part en cacahuète…

Au téléphone, la biologiste m’annonce qu’à J1 il restait 6 survivants et que, de ces 6 survivants, 1 seul a été fécondé, on va donc le transférer ce matin…. 1 SEUL!!!

La dame, rassurante, me dit que parfois ça arrive, et que pour la prochaine fois il faudra tenter l’ICSI.

C’est donc le coeur lourd que nous prenons la route pour le labo…

 

La gyneco (pas mon Docteur Barbie mais sa collègue) vient nous chercher et nous emmène dans la salle de transfert…

Je m’installe et ose un timide “bon, c’est pas génial hein?” qui prend en retour un “Ah non Madame, c’est effectivement pas génial! Un seul ovocyte fécondé sur 10 c’est pas bon”.

Elle m’annonce aussi que “là on est plus proche d’un taux de réussite de 10% qu’autre chose hein”...

Quand, dépitée, je lui demande si ça vaut la peine de continuer quand même, Madame la gynéco me répond que “si la prochaine fiv est pareille, faudra arrêter”.

Imaginez-vous : 15 jours d’injections, d'ascenseurs émotionnels en tout genre, les douleurs continues suite à la ponction + cette annonce…

Tout ça a eu raison de moi : J’ai fondu en larmes…

Lorsque mon courageux mâle lui a parlé d’ICSI (cette pratique où on va déposer le petit spermatozoïde courageux directement dans mon ptit oeuf fraîchement pondu) , la dame s’est juste contentée de répondre que “pourquoi pas, même si je ne suis pas certaine que ça apporterait quelque chose”. Cependant, la biologiste, qui n’avait pas l’air tout à fait d’accord, lui a fait un signe en montrant des résultats et on a gagné un “Ah, le spermogramme était bon, la récolte aussi… Faudra mettre un mot dans le dossier alors”

J’ai aussi eu droit à une main sur le genou et un “décidément, la vie ne vous aura pas fait de cadeaux à vous hein…”, en effet.

 

C’est donc complètement sonnée et en larmes (encore) que je suis remontée dans la voiture…

Un trajet silencieux, une ambiance lourde entrecoupée de petits mots gentils mais aussi de “peut-être que, doucement, on arrive vers la fin du parcours”...

 

Après pratiquement 48h de roulage en boule sous la couette, de bouffe régressive et de moral au fin fond des chaussettes, je commence à prendre du recul…

 

Je suis toujours triste et déçue, bien sûr… Je n’attends même rien de ce petit embryon qui m’a été transféré…

Je suis toujours en colère contre ce genre de médecin qui manque totalement d’empathie et ne se rend pas compte (ou se fiche?) de la portée que peuvent avoir les mots prononcés.

Néanmoins, j’arrive à relativiser, à organiser mes pensées et à savoir ce que je veux.

 

Donc, petit week-end en amoureux prévu fin de semaine, pas très loin, mais dans un joli endroit, avec de jolis paysages… ça va nous faire du bien…

 

Et ensuite, quand je pourrai prendre rendez-vous… Je demanderai à mon Docteur Barbie ce qu’elle en pense, comment elle voit les choses, quel est son plan… ET je l’interrogerai aussi sur le manque de tact de sa collègue…

 

Voilà… C’est pas la méga forme mais, comme toujours, ça va reviendre hein… (vu qu’on a pas vraiment le choix de toute façon…)