On a tous, dans notre cercle familial ou amical, LE mec ou LA nana chiant(e) au possible…

Allez, vous pouvez avouer, ça fait 3 ans qu’on se croise par ici, je ne vous en tiendrai pas rigueur !

Vous savez… Ces gens qu’on salue mais avec qui on ne veut pas se lancer dans une discussion trop profonde parce qu’à un moment, c’est sûr, on va avoir une furieuse envie de leur faire avaler leurs dents dire qu’on n’est pas d’accord et que ça va être mal pris…

Exemple ?

La vieille tata Gertrude, vieille célibataire aigrie qui sait mieux que tout le monde (et surtout que vous hein…) comment élever et faire des enfants : « Arrête d’y penser, ça viendra tout seul » (genre j’vais croiser un de mes ovules fécondé en allant récupérer mon courrier le matin…),

Le bon tonton Robert qui ronchonne parce que, de son temps, « ça se passait pas comme ça » et que de nos jours tout va à vau-l’eau (l’économie, les migrants, le boulot,… C’est un mec vachement ouvert d’esprit tonton…),

La copine qui a tout vécu, tout vu,

Et puis y a aussi la cousine, assise, là, au fond, celle à qui plus personne n’ose aller causer parce que, depuis un moment, elle a changé, elle est devenue « bizarre », blasée, elle est carrément moins avenante,…

 

Je me suis toujours promise de ne jamais devenir une de ces personnes… Ou en tout cas, de ne pas atteindre ce niveau là… Et jusque-là, je pense que je m’en tirais pas trop mal (des fleurs, plus de fleurs, hum…)…

Sauf que depuis quelque temps, j’ai de plus en plus l’impression que je deviens la « cousine du fond » et ça ne me plaît pas.

Je n’arrive plus à me réjouir du bonheur des autres (ah, tiens, c’est aussi moche à penser qu’à écrire…), toute embourbée que je suis dans ma mélasse personnelle.

Et en écrivant ces mots, je me rends compte qu’en fait c’est faux, j’arrive à sincèrement me réjouir du bonheur des autres… Tant qu’il ne s’agit pas de grossesse…

Des amis nous ont annoncé leur mariage en 2018 et je suis sincèrement heureuse pour eux !

Un ami a dégoté un cdi en ce début d’année et ça me fait sincèrement plaisir pour lui !

Par contre une annonce de grossesse sur un réseau social et là, c’est le blocage… J’y arrive plus… Pourtant, bien évidemment que je suis heureuse pour eux… C’est juste que… Je ne sais pas… Je n’arrive plus à l’exprimer… Et ça ne me plaît pas.

 

D’un autre côté (ambivalence quand tu nous tiens…), ma Mme Hyde se débat régulièrement dans mon moi intérieur en criant « Mais OH ! Depuis deux ans t’entends que les gens sont pas venus te parler parce qu’ils ne savent pas quoi dire, parce qu’ils ne sont pas à l’aise, alors pourquoi TOI tu n’aurais pas le droit de faire pareil ? ».

Alors, je me dis qu’elle ne raconte pas que des bêtises et que de temps en temps je devrais l’écouter un peu…

 

C’est vrai… Je suis mal à l’aise avec tout ce qui se rapporte de près (et d’un peu moins près d’ailleurs…) à la grossesse et je pense que j’en ai le droit…

Je n’ai plus envie de m’exprimer, ni de m’extasier sur les statuts annonçant ces bonnes nouvelles et je ne m’en excuserai pas, même si c’est mon premier réflexe.

Cependant, le malaise que je ressens ne m’empêche pas d’être vraiment contente pour toutes ces personnes qui connaissent la joie d’une (nouvelle) grossesse…

 

J’espère juste ne pas devenir la « vieille tata Gertrude »…